Même capital, même rendement, même durée. Seule l’enveloppe change — et la rente mensuelle passe de 1 058 € dans un PEA à 987 € sur un compte-titres.
72 € par mois. Sur trente-cinq ans de retraits, cela représente environ 30 000 € de pouvoir d’achat, pour un choix fait une fois, au moment d’ouvrir.
Ce que chaque enveloppe laisse passer
| Enveloppe | Impôt sur les gains | Rente soutenable | Écart |
|---|---|---|---|
| Aucun impôt (référence théorique) | 0 % | 1 150 € | — |
| PEA de plus de 5 ans | 17,2 % | 1 058 € | − 92 € |
| Assurance vie de plus de 8 ans | 24,7 % | 1 017 € | − 134 € |
| Compte-titres (flat tax) | 30 % | 987 € | − 164 € |
300 000 € à 60 ans, 5 % de rendement annuel, retraits indexés sur l'inflation jusqu'à 95 ans, inflation à 2 %. Les montants sont en euros d'aujourd'hui. Un taux plat par enveloppe décrit bien un PEA mûr ou une assurance vie de plus de huit ans ; il ignore l'abattement annuel de l'assurance vie, qui joue en sa faveur — voir plus bas. Calculs faits avec le moteur du simulateur de revenus passifs.
L’impôt ne frappe que les gains, jamais le capital
C’est le point que la plupart des comparateurs escamotent, et il change l’ordre de grandeur.
Quand tu retires 1 000 € d’un placement, tu ne paies pas 30 % sur 1 000 €. Tu paies 30 % sur la part de plus-value contenue dans ces 1 000 € — le reste, c’est ton argent qui revient, et il a déjà été imposé le jour où tu l’as gagné.
C’est pour cette raison que 30 % d’impôt ne coûtent pas 30 % de rente, mais 14 % : 987 € contre les 1 150 € d’une enveloppe hypothétiquement exonérée.
L’écart grandit avec le temps
Le tableau ci-dessus est calculé sur trente-cinq ans de retraits. Plus la durée est longue, plus la part de plus-value dans chaque euro retiré augmente — donc plus l’enveloppe pèse.
Autrement dit : ce choix compte davantage pour quelqu’un de trente ans que pour quelqu’un de soixante-cinq. À l’inverse, sur un horizon court, les trois enveloppes se ressemblent beaucoup, et d’autres critères doivent l’emporter.
Ce que ce calcul ne peut pas montrer
Le simulateur applique un taux plat par poche. Trois avantages réels de l’assurance vie lui échappent, et ils resserrent l’écart :
- L’abattement annuel de 4 600 € de gains pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, après huit ans. Sur une rente modeste, il peut annuler l’impôt sur le revenu — il ne reste alors que les 17,2 % de prélèvements sociaux.
- La transmission. 152 500 € par bénéficiaire hors succession pour les versements avant soixante-dix ans. Aucune autre enveloppe ne fait ça.
- Le fonds euros, qui n’existe nulle part ailleurs, et qui n’est pas un détail quand on approche de la phase de retrait.
Et le PEA a ses propres limites : plafond de 150 000 € de versements, actions européennes uniquement, et tout retrait avant cinq ans referme le plan.
Refais le calcul avec tes chiffres
Le simulateur de revenus passifs permet de saisir plusieurs poches à la fois, chacune avec son rendement et son taux d’imposition. C’est exactement ce qu’il faut pour comparer ta situation réelle : un PEA, une assurance vie et un livret ne se vident pas au même rythme, et l’ordre dans lequel tu y pioches change le résultat.
Ce que ce calcul ne dit pas
- La fiscalité change. Les taux d’aujourd’hui ne sont pas ceux de 2050, et un plan bâti sur un régime fiscal est un plan fragile.
- Le rendement compte plus que l’enveloppe. Un point de rendement en plus pèse davantage que le passage du compte-titres au PEA. Choisir la bonne enveloppe pour y mettre un mauvais support est une fausse victoire.
- Ce n’est pas un choix exclusif. La plupart des situations combinent les trois, précisément parce qu’elles ne servent pas à la même chose.
- Les frais ne sont pas dans ce calcul. Une assurance vie à 0,80 % de frais de gestion annuels perd plus que ce que son avantage fiscal lui rapporte.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.