Avec 500 000 € à 60 ans, tu peux retirer 2 167 € par mois si le montant ne bouge jamais — ou 1 645 € s’il suit l’inflation.
522 € d’écart. C’est tentant, et c’est un piège : à 95 ans, ces 2 167 € figés n’achèteront plus que 1 083 € d’aujourd’hui.
Ce que la rente fixe promet, et ce qu’elle livre
| Âge | Rente fixe affichée | Ce qu’elle achète vraiment |
|---|---|---|
| 60 ans | 2 000 € | 2 000 € |
| 70 ans | 2 000 € | 1 641 € |
| 80 ans | 2 000 € | 1 346 € |
| 90 ans | 2 000 € | 1 104 € |
| 95 ans | 2 000 € | 1 000 € |
La colonne de gauche ne bouge pas. La colonne de droite est divisée par deux. C’est la même somme, et ce n’est pas le même argent.
500 000 € à 60 ans, 5 % de rendement annuel, flat tax à 30 %, retraits jusqu'à 95 ans, inflation à 2 %. La troisième colonne est le montant déflaté — ce que les 2 000 € permettent encore d'acheter à chaque âge. Calculs faits avec le moteur du simulateur de revenus passifs.
Le même capital, les deux stratégies
À 2 000 € par mois, les deux trajectoires ne finissent pas au même endroit :
- Rente fixe : le capital tient jusqu’à 95 ans, sans difficulté.
- Rente indexée : le capital est épuisé à 86 ans.
Ce qui donne l’impression que la rente fixe est plus sûre. Elle ne l’est pas — elle est simplement moins chère, parce qu’elle promet moins. Elle survit en réduisant discrètement ce qu’elle verse, année après année, sans jamais changer le chiffre affiché.
Les plafonds le disent mieux : 2 167 € en rente fixe contre 1 645 € en rente indexée, soit 24 % de rente affichée en moins. C’est le prix du maintien du pouvoir d’achat, et c’est un prix, pas une perte.
Pourquoi tout le monde se trompe dans le même sens
Un simulateur qui affiche un montant fixe donne toujours un nombre plus flatteur. C’est mécanique, et c’est ce qui explique que la plupart en affichent un.
Le problème n’est pas là. Il est que la personne qui lit ce nombre l’interprète en euros d’aujourd’hui — elle se projette avec le train de vie que 2 167 € permettent maintenant, alors que le calcul lui promet un train de vie qui se dégrade chaque année.
Trente-cinq ans de retraite à 2 % d’inflation, cela divise le pouvoir d’achat par deux. Ce n’est pas un détail de méthode : c’est la moitié du plan.
Une exception réelle
L’indexation intégrale n’est pas toujours nécessaire, parce que les dépenses d’un retraité ne suivent pas exactement l’inflation. Les déplacements, les loisirs et l’équipement baissent souvent avec l’âge ; la santé et l’aide à domicile montent, parfois brutalement.
Beaucoup de plans réalistes indexent donc partiellement — par exemple à 1 % quand l’inflation est de 2 %. C’est un compromis défendable, à condition qu’il soit choisi et écrit, et non subi par un simulateur qui ne posait pas la question.
Refais le calcul avec tes chiffres
Le simulateur de revenus passifs porte une case « indexé » sur chaque période de retrait. Coche-la, décoche-la, et regarde la date d’épuisement bouger. C’est la façon la plus rapide de voir ce que l’inflation coûte sur ta propre trajectoire.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Les pensions de retraite sont déjà indexées, au moins partiellement. Si une part de tes revenus futurs vient d’une pension, seule la part restante a besoin d’être protégée.
- L’inflation ne se prévoit pas. 2 % est une convention, pas une prévision. À 3 %, tous les écarts de cette page s’aggravent.
- Un rendement de 5 % n’est pas acquis. Il s’entend en nominal, inflation comprise : le rendement réel de ce calcul est d’environ 2,9 %.
- Rien n’oblige à décider une fois pour toutes. Une rente se réajuste en cours de route, et c’est même la conduite la plus raisonnable.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.