La question n’a pas une réponse, elle en a deux — et c’est la seconde qu’on oublie. Ce qu’il te faut dépend de ce que tu dépenses et de l’âge auquel tu t’arrêtes. Pas d’un chiffre rond.
Pour 2 000 € par mois à partir de 40 ans, en France, il faut 818 000 €. Le même calcul sans impôt — la façon dont comptent les blogs américains — donne 690 000 €. Un cinquième de moins, et c’est un cinquième que tu n’as pas.
Ce qu’il faut, selon ta dépense et ton âge
| Tu dépenses… | Tu t’arrêtes à 40 | à 45 | à 50 | à 55 |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 €/mois | 614 000 € | 587 000 € | 556 000 € | 521 000 € |
| 2 000 €/mois | 818 000 € | 782 000 € | 741 000 € | 694 000 € |
| 2 500 €/mois | 1 023 000 € | 978 000 € | 927 000 € | 868 000 € |
| 3 000 €/mois | 1 227 000 € | 1 174 000 € | 1 112 000 € | 1 042 000 € |
5 % de rendement annuel, 2 % d'inflation, des retraits indexés et nets de flat tax à 30 %, versés jusqu'à 95 ans. Et surtout : un capital qui tient même face aux scénarios de crise du moteur — trois mauvaises années d'entrée, et un krach de −40 % rejoué à plusieurs dates. Chiffres calculés avec le moteur du simulateur du site.
L’impôt français n’est pas un détail
C’est le premier écart avec ce que tu as lu ailleurs. La littérature FIRE est américaine et raisonne le plus souvent en brut ; toi, tu paies la flat tax sur chaque plus-value retirée.
Sur 2 000 € par mois à 40 ans, l’écart est de 128 000 € — 690 000 € sans impôt contre 818 000 € avec. Ce n’est pas une nuance de fin de calcul, c’est trois ans d’épargne supplémentaires pour beaucoup de gens.
Cet écart dépend de l’enveloppe, pas du rendement : PEA, compte-titres ou assurance vie ne se taxent pas pareil, et c’est le seul levier qui agit directement dessus.
Le capital qui tient « en moyenne » n’est pas celui qui tient
Deuxième écart, et il est plus vicieux. On calcule d’habitude sur une trajectoire régulière : 5 % par an, tous les ans. Ça n’arrive jamais.
Le tableau ci-dessus donne le capital qui survit aussi quand les marchés décrochent. Sur trajectoire lisse, 2 000 € par mois à 40 ans ne demanderaient que 785 000 €. Les 33 000 € d’écart sont le prix d’un krach qui tombe au mauvais moment — et il n’y a aucune façon de savoir à l’avance s’il tombera.
C’est le risque de séquence, et c’est ce qui distingue un plan d’un vœu.
Chaque année d’attente vaut cher
Entre 40 et 55 ans, il te faut 124 000 € de moins pour la même vie. La raison est mécanique : à 40 ans le capital doit financer 55 ans, à 55 ans il n’en finance que 40.
Cette pente est plus utile que le chiffre lui-même. Elle dit qu’attendre trois ans coûte moins cher qu’épargner trois ans de plus — et c’est l’arbitrage réel de la plupart des gens qui s’y intéressent.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Aucune pension n’est comptée. Si tu t’arrêtes avant l’âge légal, tu auras malgré tout une retraite plus tard. Elle change beaucoup le résultat, et le simulateur sait l’ajouter comme un revenu qui commence à un âge donné.
- La dépense est supposée constante à vie. Elle ne l’est pas : on dépense autrement à 45, à 70 et à 90 ans. Le simulateur permet de la découper par tranches d’âge.
- 5 % par an est une hypothèse prudente, pas une promesse. À 7 %, le capital nécessaire tombe d’environ un quart. Mais un rendement se constate, il ne se choisit pas.
- Ce chiffre ne dit rien de ta situation. Il dit ce qu’un capital porte, pas si tu peux l’atteindre, ni si tu devrais essayer.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.