C’est le chiffre le plus répété du mouvement FIRE : mets de côté 25 fois tes dépenses annuelles, et tu peux t’arrêter. Il vient de la règle des 4 %, elle-même tirée d’une étude américaine des années 1990.
Recalculé pour un Français, il ne tient pas. Il faut 29 à 34 fois tes dépenses selon l’âge auquel tu t’arrêtes — et 25 fois ne suffisent dans aucun des cas où l’on paie l’impôt français.
Le multiple réel, âge par âge
| Tu t’arrêtes à… | Sans impôt, lisse | Sans impôt, aux crises | Flat tax, lisse | Flat tax, aux crises |
|---|---|---|---|---|
| 40 ans | 27,2 × | 28,7 × | 32,7 × | 34,1 × |
| 45 ans | 26,1 × | 27,7 × | 31,2 × | 32,6 × |
| 50 ans | 24,8 × | 26,4 × | 29,5 × | 30,9 × |
| 55 ans | 23,4 × | 25,0 × | 27,6 × | 28,9 × |
2 000 € par mois indexés sur une inflation de 2 %, 5 % de rendement annuel, jusqu'à 95 ans. « Aux crises » signifie un capital qui tient même face aux scénarios du moteur : trois mauvaises années d'entrée, et un krach de −40 % rejoué à plusieurs dates. La dernière colonne est celle d'un résident français prudent. Chiffres calculés avec le moteur du simulateur du site.
Où 25 × se cache-t-il ?
Il apparaît une seule fois dans ce tableau : à 55 ans, sans impôt, face aux crises. Autrement dit, la règle des 4 % décrit le cas d’une personne qui s’arrête tard et ne paie pas d’impôt.
C’est cohérent avec son origine. L’étude portait sur une retraite de trente ans — quelqu’un qui s’arrête à 65 et vit jusqu’à 95. Appliquée à quelqu’un qui s’arrête à 40, elle demande au capital de tenir cinquante-cinq ans, presque le double, avec le même multiple.
Les deux écarts, séparés
Il est utile de savoir lequel des deux te coûte le plus.
L’impôt pèse le plus lourd : à 40 ans, il fait passer le multiple de 27,2 à 32,7, soit cinq années et demie de dépenses en plus. Il dépend entièrement de l’enveloppe — PEA, compte-titres ou assurance vie ne se taxent pas pareil.
Les krachs pèsent moins, mais ils ne se négocient pas : environ 1,5 fois les dépenses annuelles, quel que soit l’âge. C’est le prix d’un marché qui décroche juste après ton départ, quand tu ponctionnes déjà — le risque de séquence, qui décide de tout à partir du moment où l’on retire.
Un multiple n’est pas un plan
Le multiple est commode parce qu’il tient dans une phrase. C’est aussi sa limite : il suppose une dépense constante à vie, aucun revenu d’appoint, aucune pension, et un rendement moyen qui ne bouge pas.
Aucune de ces quatre hypothèses n’est vraie pour quiconque. Le vrai calcul, c’est combien il te faut à toi — avec ta dépense, ton âge, et la pension que tu toucheras quand même.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Aucune pension n’est comptée. Elle réduit sensiblement le multiple, et elle arrive pour presque tout le monde. Le simulateur sait l’ajouter.
- La flat tax est prise à 30 %, uniformément. Un PEA de plus de cinq ans est à 17,2 %, une assurance vie de plus de huit ans à 24,7 % après abattement. Le vrai multiple d’un patrimoine bien réparti se situe entre les deux colonnes.
- 5 % par an est une hypothèse. À 7 %, les multiples baissent d’environ un quart. Mais viser un rendement plus élevé, c’est accepter des krachs plus profonds — les deux colonnes « aux crises » se creusent en même temps.
- Un multiple ne dit pas comment y arriver. Il dit où est la ligne d’arrivée.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.