C’est la question qui compte, et elle a une réponse contre-intuitive : ton salaire n’entre pas dans le résultat. Ce qui décide, c’est la part que tu mets de côté.
En épargnant la moitié de ton revenu à partir de 30 ans, il te faut 18 ans. Le dixième, et il t’en faut 42. Le même effort, exprimé en pourcentage, donne le même délai que tu gagnes 2 000 € ou 8 000 €.
Le délai, selon ce que tu mets de côté
| Tu épargnes… | Il te faut… | Tu t’arrêtes à | Avec quelle dépense |
|---|---|---|---|
| 10 % | 42 ans | 72 ans | 2 700 €/mois |
| 25 % | 30 ans | 60 ans | 2 250 €/mois |
| 40 % | 22 ans | 52 ans | 1 800 €/mois |
| 50 % | 18 ans | 48 ans | 1 500 €/mois |
| 60 % | 14 ans | 44 ans | 1 200 €/mois |
| 70 % | 11 ans | 41 ans | 900 €/mois |
Un départ à 30 ans sans capital, 5 % de rendement annuel, 2 % d'inflation, des versements indexés, et un capital d'arrivée qui tient même face aux scénarios de crise, flat tax de 30 % comprise. Le revenu retenu pour la colonne de droite est de 3 000 € nets — mais il ne change pas la colonne des délais. Chiffres calculés avec le moteur du simulateur du site.
Pourquoi le salaire ne change rien
Parce qu’il agit des deux côtés à la fois, et exactement dans la même proportion.
Gagner deux fois plus, à taux d’épargne égal, double ce que tu mets de côté — mais double aussi ce que tu dépenses, donc le capital dont tu auras besoin pour financer cette dépense. Les deux se compensent, et le délai ne bouge pas.
C’est toute la démonstration du mouvement FIRE, et c’est ce qui le rend praticable à des revenus très différents. Un salaire plus élevé aide, mais seulement s’il ne s’accompagne pas d’un train de vie plus élevé.
Chaque tranche d’épargne ne vaut pas la même chose
Regarde les écarts, pas les valeurs. Passer de 10 à 25 % fait gagner douze ans. Passer de 60 à 70 % n’en fait gagner que trois.
L’effort, lui, va dans l’autre sens : les premiers pourcents se trouvent dans les abonnements et les habitudes, les derniers se prennent sur le logement et la nourriture. Le rendement de l’effort s’effondre exactement là où l’effort devient dur.
C’est pourquoi les taux d’épargne extrêmes tiennent rarement dix ans. Un plan qu’on abandonne au bout de trois ans vaut moins qu’un plan modeste qu’on tient.
Ce que les tableaux anglophones ne disent pas
Les mêmes tableaux circulent partout, et ils donnent des délais plus courts : 17 ans pour 50 % d’épargne, 8 ans et demi pour 70 %.
L’écart vient de deux choses que ce calcul intègre et qu’ils ignorent : la flat tax sur chaque retrait, et un capital qui doit tenir même si les marchés décrochent au mauvais moment. Le premier coûte cher, le second coûte peu — mais les deux sont réels pour toi.
Le détail de cet écart est dans la question sur les 25 fois les dépenses.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Aucune pension n’est comptée. Elle raccourcit beaucoup les délais des premières lignes, celles où l’on s’arrête après 60 ans.
- Le taux d’épargne est supposé constant. Dans la vraie vie il monte avec le salaire, baisse à l’arrivée d’un enfant, s’effondre à un achat immobilier.
- On part de zéro. Un capital déjà constitué change la donne, et le simulateur permet de le saisir.
- 5 % par an est une hypothèse prudente. Elle n’est ni garantie, ni régulière.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.