Il n’y a pas un nombre, il y en a une fourchette : de 374 000 à 818 000 €, soit plus du double. C’est déjà la moitié de la réponse — ce qui décide n’est pas le montant que tu veux, c’est l’âge auquel tu t’arrêtes et ce que l’État prend au passage.
Si tu veux un seul chiffre à retenir : autour de 740 000 € pour s’arrêter à 50 ans, dans le cas français le plus courant.
Le tableau complet
Capital nécessaire pour retirer 2 000 € par mois, nets d’impôt et indexés sur l’inflation, jusqu’à 95 ans — et en tenant même si les marchés décrochent.
| Tu t’arrêtes à… | 5 %/an | 7 %/an | 10 %/an |
|---|---|---|---|
| 40 ans | 818 000 € | 593 000 € | 413 000 € |
| 45 ans | 782 000 € | 579 000 € | 410 000 € |
| 50 ans | 741 000 € | 562 000 € | 405 000 € |
| 55 ans | 694 000 € | 540 000 € | 399 000 € |
| 60 ans | 641 000 € | 513 000 € | 389 000 € |
| 65 ans | 580 000 € | 479 000 € | 374 000 € |
Inflation de 2 %, impôt de 30 % sur les plus-values (la « flat tax »), retrait jusqu'à 95 ans, et un capital qui tient aussi face aux scénarios de crise du simulateur. Les taux sont annuels et bruts d'inflation. Aucun chiffre n'est estimé : ils sortent tous du moteur du simulateur du site.
S’arrêter dix ans plus tôt coûte 100 000 €
Regarde la première colonne. Entre 60 ans et 50 ans, l’écart est de 100 000 € pour exactement le même train de vie. Entre 65 et 40, il est de 238 000 €.
La raison est simple : partir plus tôt, c’est financer plus d’années. Mais l’effet est plus violent qu’une règle de trois, parce que le capital doit encaisser davantage de mauvaises années pendant qu’on pioche dedans.
C’est le point que la règle des 4 % ignore, et l’article sur le mouvement FIRE le détaille : cette règle a été mesurée sur trente ans, pas sur cinquante.
L’impôt vaut deux ans de travail
Le tableau ci-dessus compte 30 % d’impôt sur les plus-values. Sans impôt — le cas des règles américaines qu’on recopie souvent en France — il faudrait seulement 634 000 € pour s’arrêter à 50 ans, au lieu de 741 000 €.
107 000 € d’écart, uniquement de fiscalité. C’est pour ça qu’une cible reprise d’un blog américain sous-estime systématiquement ce qu’il faut en France.
L’enveloppe change donc le résultat autant que le rendement : à ce niveau de capital, le choix entre un PEA, un compte-titres et une assurance vie n’est plus un détail administratif. Il est traité dans l’article dédié.
Oublie les « 25 fois tes dépenses »
La formule qui circule dit de viser 25 fois ses dépenses annuelles — soit 600 000 € pour 2 000 € par mois. Voici ce que donne le calcul, en multiples :
| Tu t’arrêtes à… | Il faut, en multiples de tes dépenses |
|---|---|
| 40 ans | 28,7 × |
| 50 ans | 26,4 × |
| 60 ans | 23,3 × |
| 65 ans | 21,4 × |
(à 5 %/an, sans impôt, pour être comparable à la règle d’origine)
Deux enseignements. À 65 ans, 25 fois est trop prudent : 21,4 suffisent. À 40 ans, c’est insuffisant : il en faut près de 29.
Le multiple unique n’existe pas. Il dépend du nombre d’années à financer, ce que la règle des 4 % ne dit jamais parce qu’elle a été calibrée sur une retraite classique.
Ce qui casse ce calcul
Les montants du tableau tiennent même face aux scénarios de crise — c’est volontaire, et c’est ce qui les distingue d’une simple division.
Un capital calculé sur une trajectoire régulière, lui, casse. Pour un arrêt à 50 ans à 5 %, 708 000 € suffisent tant que les marchés se tiennent bien ; il en faut 741 000 € pour encaisser un krach de −40 % au mauvais moment. 33 000 € d’écart, pour la seule malchance.
Et le mauvais moment n’est pas n’importe lequel : c’est l’année où tu arrêtes de travailler. Un marché qui décroche pendant que tu épargnes se rattrape ; le même krach pendant que tu retires ne se rattrape pas, parce que tu vends au plus bas pour vivre.
Le simulateur permet de placer un krach à l’âge exact qui t’inquiète, et de voir ce qu’il fait à ton plan.
Refais le calcul avec tes chiffres
2 000 € par mois n’est probablement pas ton chiffre, et 95 ans n’est pas forcément ton horizon. Le simulateur de revenus passifs reprend exactement ce calcul, avec tes montants, tes poches et ton taux d’imposition.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Aucune retraite n’est comptée. Si tu t’arrêtes à 50 ans, tu auras probablement une pension à l’âge légal. Elle réduit d’autant le capital nécessaire, et le simulateur sait la prendre en compte.
- Les rendements sont des hypothèses, pas des promesses. 5 % par an est un ordre de grandeur prudent pour un portefeuille diversifié ; certaines décennies font mieux, d’autres bien pire.
- Le taux d’imposition dépend de l’enveloppe et de ta situation. 30 % est la flat tax ; une assurance vie de plus de huit ans descend à 24,7 %, un PEA de plus de cinq ans à 17,2 %.
- Vivre avec 2 000 € nets ne veut pas dire la même chose partout, ni au même âge. Ce calcul ne dit rien de ce que ça achète.
- Ça ne remplace pas une épargne de précaution. Le capital du tableau est celui qui produit le revenu, pas celui qui absorbe une tuile.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.