C’est le scénario que presque personne ne calcule, et c’est le seul qui décide vraiment. Tu t’arrêtes à 40 ans avec le capital qu’il faut. Les marchés décrochent de 40 % l’année suivante.
Le capital calculé pour tenir jusqu’à 95 ans s’épuise à 90. Cinq années sans revenu, à l’âge où l’on ne peut plus retourner travailler.
Le même capital, selon quand la crise arrive
| Ce qui se passe | Ton capital tient jusqu’à |
|---|---|
| Rien de particulier | 95 ans, sans problème |
| Trois mauvaises années au départ | 90 ans |
| Krach de −40 % à 41 ans | 90 ans |
| Krach de −40 % à 54 ans | 91 ans |
| Krach de −40 % à 68 ans | 92 ans |
| Krach de −40 % à 81 ans | 93 ans |
785 000 € à 40 ans — exactement le capital nécessaire pour verser 2 000 € par mois indexés jusqu'à 95 ans, net de flat tax, à 5 % de rendement annuel sur une trajectoire régulière. C'est le chiffre qu'un calcul ordinaire donne. Les krachs rejoués gardent le même rendement moyen sur la durée : seul l'ordre des années change. Chiffres calculés avec le moteur du simulateur du site.
Plus le krach est tôt, plus il coûte
C’est toute la ligne du tableau : la même chute, de la même ampleur, coûte trois ans si elle arrive à 41 ans et rien du tout si elle arrive à 90.
La raison tient en une phrase : quand tu retires, une baisse t’oblige à vendre plus de parts pour le même euro. Ces parts vendues au plus bas ne remontent jamais avec le marché — elles ne sont plus là. Le capital, lui, ne rattrape jamais complètement.
Pendant que tu accumules, c’est l’inverse : un krach te fait acheter moins cher, et tu t’en félicites vingt ans plus tard. La même chute est une bonne nouvelle avant, une catastrophe après. C’est ce qu’on appelle le risque de séquence, et c’est le sujet de fond du mouvement FIRE.
Trois mauvaises années valent un krach
Regarde les deux premières lignes : un décrochage brutal de 40 % et trois années médiocres d’affilée coûtent exactement la même chose. Cinq ans.
C’est contre-intuitif parce qu’un krach fait la une et qu’une décennie molle n’en fait pas. Pour ton capital, ce qui compte n’est pas la violence de la baisse mais le fait de ponctionner pendant qu’elle dure.
Ce qu’on peut y faire
Trois leviers, et un seul est gratuit.
Prévoir plus de capital. Le capital qui tient face à tous ces scénarios est de 818 000 €, soit 33 000 € de plus. C’est le chiffre que donne la question principale — parce qu’elle calcule d’emblée le cas défavorable.
Garder de quoi ne pas vendre. Deux ou trois ans de dépenses hors marché permettent de traverser une baisse sans y toucher. Ça coûte du rendement le reste du temps.
Pouvoir baisser ses retraits. Le levier le plus puissant, et le seul qui ne coûte rien à l’avance : retirer 15 % de moins pendant deux mauvaises années change tout. Encore faut-il que le train de vie le permette.
Ce que ce calcul ne dit pas
- Un krach de 40 % est une hypothèse, pas une prévision. Ni sa date, ni son ampleur ne sont connaissables. Le simulateur permet de placer le krach à l’âge exact qui t’inquiète.
- Le rendement moyen est identique dans tous les cas. Aucun scénario ici ne triche : seul l’ordre des années change. C’est ce qui rend la comparaison honnête.
- Aucune pension n’est comptée, et elle amortit précisément ce genre de coup.
- Un portefeuille peu exposé encaisse moins. Une part en fonds euros ou en livret ne décroche pas de 40 % — le simulateur permet de fixer, poche par poche, la part du krach que chacune encaisse.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital.