Tu as 20 000 € et dix ans de crédit devant toi. Les mettre sur le prêt évite 3 620 € d’intérêts. Les placer à 7 % rapporte 13 540 € net d’impôt.
L’écart est de presque quatre pour un. Et pourtant la réponse n’est pas « placez, toujours » — elle dépend d’un seul nombre, et ce n’est pas celui qu’on regarde d’habitude.
Les deux options, chiffrées
| Taux de ton crédit | Intérêts évités | Placé à 5 % (net) | Placé à 7 % (net) |
|---|---|---|---|
| 1,50 % | 1 550 € | 8 805 € | 13 540 € |
| 2,50 % | 2 625 € | 8 805 € | 13 540 € |
| 3,40 % | 3 620 € | 8 805 € | 13 540 € |
| 4,50 % | 4 873 € | 8 805 € | 13 540 € |
20 000 € disponibles et dix ans de crédit restants. Les intérêts évités sont ceux que cette somme aurait coûtés en restant due jusqu'au bout. Le placement est net de flat tax à 30 % — le brut serait de 12 578 € à 5 % et 19 343 € à 7 %, et l'afficher sans l'impôt fausserait la comparaison. Calculs faits avec les moteurs de la calculatrice de crédit et de la calculatrice d'intérêts composés.
Le seul nombre qui décide : le taux de ton crédit
Rembourser un crédit, c’est un placement. Son rendement est exactement le taux du prêt, il est garanti, et il est net d’impôt — personne ne taxe les intérêts que tu ne paies pas.
La comparaison est donc simple : ton taux de crédit contre le rendement net que tu espères ailleurs.
| Taux du crédit | Face à un placement à 5 % | Face à 7 % |
|---|---|---|
| Jusqu’à 6 % | placer gagne | placer gagne |
| 8 % | rembourser gagne | placer gagne |
| 12 % | rembourser gagne | rembourser gagne |
Le seuil tombe donc autour de 8 % face à un placement à 5 %. Aux taux immobiliers d’aujourd’hui, on en est loin : sur un crédit immobilier, placer l’emporte à peu près toujours.
Sur un crédit à la consommation, c’est l’inverse. Un prêt auto à 6 %, un crédit renouvelable à 15 % : là, rembourser est le meilleur placement disponible, et il n’est même pas discutable.
Ce que le tableau ne dit pas, et qui compte autant
Le placement n’est pas garanti. 7 % est une moyenne historique de long terme, pas une promesse. Sur dix ans, un marché peut très bien rendre 2 %. Le remboursement, lui, rapporte son taux quoi qu’il arrive. Tu compares un rendement certain à un rendement espéré, et ce n’est pas une comparaison neutre.
Rembourser libère une mensualité, ou raccourcit la durée. Ce calcul ne compte que les intérêts évités sur la somme versée — il ignore ce que tu ferais du souffle ainsi gagné. Si cette mensualité libérée part elle aussi à l’épargne, l’écart se resserre.
Il y a des indemnités. La loi les plafonne à six mois d’intérêts sur le capital remboursé, sans dépasser 3 % du capital restant dû. Sur 20 000 € à 3,4 %, cela représente au plus 340 €, à retirer des 3 620 €.
Et il y a le sommeil. Ne plus devoir d’argent a une valeur qu’aucun tableau ne chiffre. Si le crédit t’empêche de dormir, le rendement optimal n’est pas le bon critère.
Refais le calcul avec tes chiffres
La calculatrice d’intérêts composés s’ouvre sur 20 000 € placés dix ans à 7 %. Change le rendement pour celui que tu juges réaliste, et compare au coût de ton crédit calculé par la calculatrice de crédit.
Ce que ce calcul ne dit pas
- L’ordre compte. Avant de choisir, il y a l’épargne de précaution : remettre 20 000 € dans un mur ou en bourse ne sert à rien si un imprévu te force à réemprunter, plus cher.
- L’inflation avantage le crédit. Un taux fixe se rembourse avec une monnaie qui vaut de moins en moins — un argument de plus pour ne pas se presser.
- La fiscalité varie. 30 % de flat tax est le cas général ; un PEA de plus de cinq ans ou une assurance vie de plus de huit ans font mieux, et améliorent encore le camp du placement.
- Ce calcul suppose que tu places vraiment. Une somme « destinée » à l’investissement et qui finance autre chose ne rapporte rien du tout.
Cette page présente un calcul générique. Elle ne tient compte ni de ta situation, ni de tes objectifs, ni de ta tolérance au risque. Investir comporte un risque de perte en capital, et un crédit vous engage.